Contexte

Depuis 2008, les huîtres de moins d'un an subissent des mortalités massives sur l'ensemble du littoral français.

Depuis la fin des années 70, des évènements épisodiques à grande échelle tels que des épidémies, des mortalités massives, des efflorescences d’algues toxiques et autres proliférations se sont produits dans l’environnement marin à des taux sans précédent historique. Plusieurs espèces d’invertébrés d’importance économique et écologique sont affectées par des épisodes de mortalités massives. Bien que les mortalités soient en général associées à des agents infectieux, elles reflètent souvent des changements environnementaux et un équilibre énergétique défavorable chez l’animal.

Pendant l’été 2008, les mortalités d’huîtres âgées d’un an et moins, se sont produites simultanément sur toutes les côtes françaises. Ces jeunes huîtres ont été décimées à 40-100% selon les sites et les lots, alors que les animaux plus âgés ont été moins affectés. Depuis, ces mortalités massives de naissain se sont reproduites chaque année.

Les huîtres échantillonnées pendant des épisodes de mortalité en 2008 ont présenté des prévalences élevées de l’ostreid herpesvirus (OsHV-1) comparativement aux années précédentes. Un génotype d’OsHV-1 qui n’avait jamais été reporté et qui a été nommé OsHV-1 µVar a été récemment mis en évidence. Ce génotype n’a été détecté que dans les isolats de 2008, suggérant qu’il s’agit d’un génotype émergent. En plus, des expériences de cohabitation en laboratoire montrent une relation causale entre les mortalités d’huîtres et l’infection par OsHV-1 µVar.

Par ailleurs, les bactéries du genre Vibrio spp. sont ubiquistes et fréquemment associées avec des épisodes de mortalité sévère d’huîtres creuses en milieu naturel. Plus particulièrement, en conditions expérimentales, certains isolats appartenant aux groupes de V. splendidus et V. aestuarianus ont la capacité d’induire des mortalités importantes chez des huîtres initialement saines.