L'effet des paramètres environnementaux sur les maladies en milieu marin

Bien que la littérature scientifique récente suggère que les paramètres environnementaux influencent la transmission des maladies en milieu aquatique et les mortalités d’organismes touchés par ces maladies, aucune étude à ce jour ne permet de hiérarchiser leur importance relative lors d'épizooties.

La température :

Le changement de la température de surface de l’eau de mer est impliqué dans les variations récentes de la prévalence et de la sévérité des émergences de maladies dans les écosystèmes marins à cause (1) de l’expansion des agents infectieux en réponse au réchauffement, (2) des changements de susceptibilité des hôtes en raison de l’augmentation des stress environnementaux, et (3) de l’expansion des vecteurs potentiels. La température est un facteur déclenchant des maladies en milieu marin. Par exemple, OsHV-1 est généralement détecté dans l’huître C. gigas pendant les mois d’été, les plus chauds de l’année. D’autre part, la détection d’OsHV-1 dans l’huître succède à des augmentations brutales de la température de l’eau. Des observations similaires ont été rapportées dans la Baie de Tomales (USA) et en conditions expérimentales. L’influence de la température sur la détection d’OsHV-1 et l’expression du virus a été démontrée pour les larves de C. gigas et suspectée pour le naissain. Une étude récente en cours de publication montre que la transmission de la maladie est optimale entre 16°C et 22°C, confirmant ainsi les observations de mortalité en milieu naturel.

Les nutriments :

Plusieurs études ont montré que la transmission des maladies en milieu marin peut-être exacerbée par les apports en nutriments. Une expérience montre que l’addition de nutriments conduit à doubler les effets de l’aspergillose et de la maladie de l’anneau jaune sur la dégradation des gorgones et des récifs coralliens. D’autre part, les mortalités de bivalves sur la côte ouest américaine semblent liées aux efflorescences de la bactérie V. tubiashii qui résultent du mélange de l’eau chaude de surface avec des eaux plus froides provenant du fond, enrichies en nutriments.

Le phytoplancton :

Le phytoplancton est également un vecteur potentiel de virus dans les écosystèmes marins. Une étude en cours suggère que la mortalité cumulée finale des huîtres maintenues sur 15 sites en Baie de Quiberon pendant un an est corrélée avec la concentration en chlorophylle a,un proxy de la biomasse phytoplanctonique. Plusieurs études expérimentales utilisent la voie d’infection virus-phytoplancton pour infecter des consommateurs primaires et secondaires. Enfin, une étude récente montre que la dynamique spatio-temporelle des mortalités d’huîtres dans la lagune de Thau s’explique en partie par l’abondance de diatomées dans le régime alimentaire, qui conditionne l’état énergétique des animaux et leur capacité à résister à la maladie. Aussi, bien que le phytoplancton puisse être un vecteur de la maladie, il conditionne l’état énergétique des huîtres et, par voie de conséquence, leur capacité à résister à la maladie.