Etat d'avancement du projet - juin 2015

Tâche 1 : Analyse historique du changement global.

L’analyse historique des paramètres environnementaux en lien avec la reproduction et la croissance de l’huître a été finalisée et a fait l’objet d’une publication en cours de révision. La seconde étape de cette analyse historique est centrée sur la survie de l’huître. Un second article est en cours de finalisation. En parallèle, un travail d’enquête sur la perception du changement global auprès d’une centaine d’ostréiculteurs a été réalisé sur deux sites (Baie de Bourgneuf, Quiberon) et les premiers résultats ont été présentés en septembre et en novembre 2014 à l’occasion de réunions interne au projet  (V. Le Bihan). Enfin, un travail d’acquisition de données optiques en mer et de développement algorithmique pour améliorer la précision des données satellites (turbidité) utilisées dans l’analyse historique des variations environnementales a également été publié.

Tâche 2.a : Influence des paramètres environnementaux sur la transmission de maladie (laboratoire)

Nous avons réalisé deux expériences visant à évaluer l’effet (1) de la salinité et (2) du niveau de nourriture et du taux de croissance des huîtres, sur la transmission de maladie et sur la sensibilité de l’huître  à OsHV-1. Ces expériences ont montrées que les huîtres acclimatées à une salinité de 10 ppt ne présentent pas de mortalité anormale en cohabitation avec des animaux infectés, contrairement aux  huîtres placées à 15, 25 et 35 ppt. Par conséquent, les faibles salinités (<10 ppt) semble limiter le risque de mortalité causé par OsHV-1 (Thèse Marine Furhmann). D’autre part, les huîtres caractérisées par un taux de croissance élevé présentent un risque de mortalité accru en réponse à OsHV-1 comparativement aux animaux à croissance plus faible. Enfin, les huîtres exposées à une ration alimentaire forte présentent un risque de mortalité accru par rapport aux huîtres exposées à une ration faible (Post-doc David Tamayo).

Tâche 2.b : Influence des paramètres environnementaux sur la transmission de maladie (milieu naturel)

Nous avons mis en œuvre des suivis spatialisés à haute résolution et à grande échelle d’huîtres creuses « sentinelles »  pour évaluer la qualité de l’environnement d’élevage dans les écosystèmes conchylicoles. Un lot d’huître adulte et un lot de naissain d’huître creuse « sentinelles » ont été déployés sur 39 sites en Baie des Veys mi-mars 2014 et la survie, la croissance et la composition biochimique des huîtres ont été régulièrement suivies. Le lot de naissain a présenté des mortalités modérées (<50%) associée à la détection d’ADN d’OsHV-1 début juin, avec une extension spatiale lente et régulière qui se cantonne principalement aux secteurs d’élevage. En revanche, le lot d’huître adulte a présenté des mortalités importantes (>70%), lors de la mise à l’eau en mai, puis dans un second temps en août. Alors que le premier épisode de mortalité des huîtres adultes ne présentait pas de structure spatiale claire, le second épisode semblait particulièrement intense dans la zone des parcs et dans le prolongement des chenaux.

Comme en 2013 dans le Mor-Braz, un sous-échantillon des huîtres maintenues en milieu naturel sur chaque station a été exposés à une épreuve "thermique" en laboratoire début septembre pendant 21 jours en cohabitation avec des NSI afin de mettre en évidence le portage "asymptomatique" de la maladie et le caractère infectieux des huîtres testées. Cette épreuve montre que les huîtres déployées sur le terrain ont été touchées par une maladie infectieuse autre qu’OsHV-1 sur plusieurs stations étudiées. L’analyse spatialisée des données de cette épreuve permettra de mettre en évidence l'emprise de la maladie par rapport à celle des mortalités. Une série d’échantillon a été envoyé au LDV14 pour analyse individuel d’OsHV-1 (naissain) et V. aetuarianus (adultes) sur quelques stations choisies en fonction du niveau de mortalité observé pendant le suivi. La préparation des échantillons a été réalisée (broyage sous N2 et aliquotage) en vue de l’analyse de la composition biochimique des huîtres pendant l’été 2015.

Tâche 3 : Modélisation pour l’évaluation de mesures de maîtrise des maladies

Nous sommes en train de mettre en  place un modèle stochastique compartimenté avec des sous-populations de fermes d’élevage connectées entre-elles par des masses d’eau et des mouvements d’huîtres vivantes entre les sites. Ce modèle prendra en compte la diversité des dynamiques d’infection possibles entre chaque ferme en couplant un modèle épidémiologique à l’échelle de la ferme et un modèle de transport de particules entre les fermes. Ce modèle sera ensuite appliqué à une zone d’élevage en Normandie (Post-doc Bhagat Lal Dutta).

Tâche 4 : Synthèse et transfert des connaissances

Les avancées du projet ont été régulièrement communiquées à la filière conchylicole. Les propositions de pratiques pour une conchyliculture durables,  les analyses d’acceptabilité et de faisabilité et le transfert à la profession sont des actions qui reposent sur les tâches 2 à 5 et qui seront livrées en dernière année du projet.